Instrumentalisation de la justice: 2948 garde à vue de gilets jaunes majeurs depuis le début du mouvement

Depuis le 17 novembre 2018, 2 948 personnes majeures ont fait l’objet d’une garde à vue. Ce que la justice a fait de ce nombre inédit de personnes mises en cause ne témoigne pas d’une sévérité exceptionnelle.

L’interpellation, dimanche 14 juillet à Paris, de plusieurs figures des « gilets jaunes » avant même d’avoir eu le temps de manifester a relancé la polémique sur le recours à des gardes à vue « préventives » par la police et la justice.

Arié Alimi, l’avocat de Jérôme Rodrigues, placé quelques heures en garde à vue pour « organisation d’une manifestation illicite », a dénoncé des « interpellations d’opposants politiques ». Un arrêté préfectoral avait interdit pour la journée toute manifestation se réclamant des « gilets jaunes » dans un périmètre allant de la porte Maillot au Louvre.

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Huit mois après le début des manifestations, que dit le bilan judiciaire ? Y a-t-il eu une instrumentalisation de la justice par l’exécutif pour tenter d’étouffer le mouvement des « gilets jaunes » ? Un nombre considérable de personnes ont été interpellées, placées en garde à vue, déférées au parquet puis jugées en comparution immédiate au gré des « actes » de ce mouvement hors norme. A Paris, depuis le 17 novembre 2018, 2 948 personnes majeures ont fait l’objet d’une garde à vue dans le cadre de ces manifestations, selon les chiffres arrêtés au 22 juin par le parquet de Paris dont Le Monde a eu connaissance.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  La Mairie de Paris accuse l’Etat de laisser la délinquance exploser dans la capitale

Les interpellations menées en amont des manifestations sont le fait d’une étroite collaboration entre les parquets et les forces de l’ordre. Les réquisitions des procureurs, sans lesquelles les opérations de contrôles d’identité, de fouilles de bagages et de véhicules ne sont pas possibles, ont été calibrées pour répondre à la stratégie arrêtée par les préfets pour assurer le maintien de l’ordre face à des manifestations non contrôlées par leurs initiateurs.

Une note du procureur de Paris du 12 janvier à l’ensemble des magistrats du parquet recommandait notamment de faire durer jusqu’au samedi soir ou au dimanche matin les gardes à vue des « gilets jaunes » interpellés le samedi pour éviter qu’ils aillent grossir les rangs des fauteurs de troubles.

Classement sans suite pour deux tiers des gardés à vue

Il y a bien eu là un traitement exceptionnel.Ce que la justice a ensuite fait de cette masse inédite de personnes mises en cause témoigne à l’inverse d’un travail fait avec discernement.

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